Réveil difficile. Je descends prendre le petit déjeuner à moitié conscient : chocolat chaud, pain d’épice, beurre, corn flakes et müsli au chocolat. Ça ira.
Je discute un peu avec un Espagnol, puis tout le monde se prépare à partir. Au début, pas trop de problème — mais dix minutes plus tard au col, un vent de dingue avec des rafales à plus de 100 km/h. Mon sur-sac s’envole ; heureusement je le rattrape. Je trouve ça trop dangereux, je peux perdre l’équilibre à tout moment. Demi-tour vers le refuge.
Là-bas, trempé mais à l’abri, je discute avec les employés qui font le ménage. Après un appel météo et quelques conseils sur le chemin jusqu’au col du Somport, j’y retourne. Au col, le vent est moins terrible cette fois.
Évidemment, mon pantalon est trempé et mes pieds baignent dans mes chaussures. Le chemin n’est pas trop difficile. Je marche parfois dans des cours d’eau, ce qui ne fait que légèrement refroidir les pieds. C’est assez épuisant de marcher sous ce vent et cette pluie. Je profite du paysage pendant les accalmies.
À un moment, en montant une piste forestière, je crève une ampoule sur l’orteil. La douleur. Je profite de la pause repas pour regarder les dégâts, puis je boite un moment. Je croise un berger qui cherche ses bêtes.
J’arrive enfin au col. À l’auberge, on m’annonce que ma réservation sur Booking n’est pas là — mon hébergement est en fait dans la station plus bas. Je prends un chocolat chaud et j’attends. La pluie est à son plus intense.
Au bout d’un moment, je me décide à descendre. Le chemin est une rivière. J’ai froid. Je suis impatient d’arriver.
Vers 19h, Étienne, un Français venu faire du trail, me propose d’emprunter son vélo pour descendre à Canfranc Estación faire les courses. La pluie s’est arrêtée, j’hésite… mais je n’ai pas envie de perdre une heure demain matin à prendre un bus. Je dis ok. Il me prête aussi un poncho, un pantalon de pluie et une lampe.
Le vélo est petit, la selle trop haute. Je descends la grosse route avec mon sac, mes affaires encore trempées. La situation est tellement surréaliste que j’éclate de rire. À l’Alcampo, je ne parviens pas à déverrouiller la chaîne du cadre. Je demande à des passants de surveiller le vélo, je fais les courses en courant — stressé par la pluie, les gens qui attendent et l’heure du dîner.
Il pleut bien quand je ressors. Poncho, pantalon de pluie, podcast, et c’est parti. Première constatation : ça va être dur. Deuxième constatation : c’est dur. Mais finalement, la station apparaît plus vite que prévu.
Au moins, je n’aurai utilisé que mes jambes. Prendre un autre moyen de transport aurait diminué le plaisir de cette traversée.
Je retrouve Étienne et on discute pendant tout le repas.