Le bateau est agité au mouillage et il y a du bruit à chaque roulis, malgré les boules Quies. Je n’en ai pas peur : je sais que j’ai dormi pendant les quarts de nuit au près. J’accepte les bruits et les sensations plutôt que d’essayer de leur résister, et je m’endors assez vite. Réveil vers 9 h, comme une fleur.
Je m’installe dans la descente au soleil. Il y a de la condensation sur le pont et les sternes crient tout autour. Petit déjeuner (chaud, pour une fois) tous sur le pont. Départ vers midi : il devrait y avoir un peu de vent dans l’après-midi, et on termine notre lancée d’îles correctement, direction le mouillage de l’île de l’Aber.
On part à la voile comme des chefs. On commence par un alignement que j’ai trouvé et qu’Anne aime bien, mais on se fait emporter dans le jus, ce qui nous oblige à passer au nord de Tévennec. Je cuisine les pâtes aux courgettes pendant que ça bouge dans tous les sens, et je n’ai absolument pas le mal de mer, ce qui ne serait pas passé en début de croisière.
On entre dans la baie tranquillement. Je m’ennuie un peu, on est au portant, et l’idée d’envoyer le spi me traverse. Alors je me motive : je grée, j’envoie, j’affale la voile d’avant tout seul, je règle mon problème de contre-écoute passée entre les filières, et c’est tout bon. C’est quand même Anne qui règle le spi, mais je l’ai envoyé seul.
Un bateau de croisière norvégien nous croise, il descend de Bordeaux vers Saint-Malo. Puis encore une partie de Skull King : cette fois j’ai un bon jeu, peut-être une meilleure stratégie, et je gagne avec 340 points.
Affalage hyper efficace : on forme une bonne équipe maintenant. Petit tour au moteur pour choisir le mouillage, près de l’île de l’Aber, notre dernière. Apéro, et un beau coucher de soleil pour la dernière nuit.
Première nuit au mouillage, première nav de nuit, premiers quarts, première fois à Belle-Île, première fois en annexe. Il faut absolument que je vive davantage de choses comme ça.